ABDULLAH IBRAHIM

ABDULLAH IBRAHIM

Jazz
vendredi 09 novembre 2018 - 20h
Auditorium de Bordeaux
27€ / 47€ / 52€
Réservez votre place :
La parole à l'organisateur
Devenu Abdullah Ibrahim en 1968, Adolph Johannes Brand né en 1934 à Cape Town, est le plus éminent et respecté pianiste Sud-africain. Il est, dès enfant, au cœur d’une diversité culturelle : chansons Kho-San africaines traditionnelles, hymnes chrétiens, gospels et spirituals notamment avec sa grand-mère pianiste à l’église méthodiste local, et sa mère chef du chœur.

Le Cap Town de son enfance est un véritable creuset du brassage culturel sud africain, et le jeune « Dollar Brand » - nom sous lequel il démarre sa carrière – est exposé au jazz américain, aux chants Malay du Cap, aussi bien qu’à la musique classique.

De ces mélanges entre le laïc et le religieux, le traditionnel et le moderne, il a su développer un style distinctif, une harmonie et un vocabulaire inimitable.

Il commence les cours de piano à l’âge de 7 ans et fait ses débuts professionnels dès 15 ans, jouant et enregistrant avec des groupes locaux comme le big band swing des Tuxedo Slickers, puis forme son trio 4 ans après. En 1959, il est à la tête d’un sextet, les Jazz Epistles. Il enregistre alors le premier album de jazz fait par des musiciens sud-africains. Cette même année, il rencontre et joue pour la première fois avec celle qu’il épousera 6 ans plus tard : Sathima Bea Benjamin.

En, 1962, avec Nelson Mandela emprisonné et le Congrès National Africain banni, Dollar Brand et Sathima Bea Benjamin quittèrent le pays, et furent rejoints par les autres membres du trio. Alors qu’il joue à Zürich avec son trio, il est remarqué par Duke Ellington, qui lui permet d’enregistrer à Paris un premier disque « Duke Ellington présents The Dollar Brand Trio ». La popularité du trio augmente les années suivantes grâce aux nombreux passages à la radio, à la télévision et aux invitations dans divers festivals européens.

En 1965, le couple dorénavant marié s’installe à New York. Après avoir été invité cette même année au Newport Jazz Festival et à Carnegie Halle, Dollar Brand est appelé comme pianiste de l’orchestre d’Ellington. En 1967, il reçoit une bourse de la Fondation Rockefeller lui permettant d’aller à la Julliard School of Music. Être aux États-Unis lui a permis de collaborer avec Don Cherry, Ornette Coleman, John Coltrane, Pharaoh Sanders, Cecil Taylor et Archie Shepp.

Dans les année 80, il s’implique dans de nombreux projets : le ballet Prélude de danse classique de Garth Fagan (création en 1981), Kalahari Liberation Opéra (Vienne 1982) et une comédie musicale, Cape Town South Africa, avec le septet qu’il crée cette même année, Ekaya.En 1987, il joue pour le concert commémoratif de Marcus Garvey à la Cathédrale de Westminster à Londres et l’année suivante à Central Parc à New York pour le 70ème anniversaire de Nelson Mandela.

En 1990, Nelson Mandela, libéré de prison, l’invite à rentrer en Afrique du Sud. En 1991, le premier enregistrement avec des musiciens sud-africains depuis 1976 a lieu Mantra Modes. Il fera un concert mémorable lors de l’inauguration de Mandela en 1994. Abdullah Ibrahim a été le sujet de plusieurs documentaires : en 1986 pour la BBC avec A Brother with perfect Timing de Chris Austin et A Strugge for Love de Ciro Cappellari en 2004. Il a également écrit des musiques de film comme Chocolat de Clare Denis (1988), No Fear no Die (1990) et Idrissa Ouedraogo’s Tilai (1990) et il est invité en 2002 dans Amandla : A Revolution in Four Party Harmony.

Pendant plus d’un quart de siècle, il a tourné dans le monde entier jouant dans les plus grandes salles de concerts, clubs et festivals donnant des concerts à guichets fermés comme soliste ou avec d’autres musiciens reconnus (notamment Max Roach, Carlos Ward et Randy Weston). Il collabore avec des orchestres classiques pour African Suite en 1999 (avec la participation de European Union Youth Orchestra) ou le Munich Radio Philharmonic Orchestra pour African Stymphony en 2001 qui invite également son trio et le NDR jazz Bug Band.La célébration de son 70e anniversaire en octobre 2004, 2 Cds sortent chez Enja Records (label basé à Munich avec lequel il a enregistré pendant trois décennies) : Célébration et Re ; Brahim – Abdullah Ibrahim Remixed.

Quand il n’est pas en tournée, il divise son temps entre Cape Town et New York. En plus de la scène et de la composition, il a monté une entreprise de production sud-africaine Masingita (le Miracle) et a fondé une Académie de musique, M7, offrant des cours dans 7 disciplines considérées comme complémentaires.

Plus récemment en 2006, soutenu par le Ministère sud-africain des Arts et de la Culture, il créé l’Orchestre de Jazz de Cape Town. Abdullah Ibrahim reste à son zénith comme musicien et initiateur infatigable de nouveaux projets. « Certains le font parce qu’ils doivent le faire nous le faisons parce que nous le voulons…. Donc nous n’avons pas besoin de beaucoup de sommeil…. Puisque nous devons le faire »
En naviguant sur notre site, vous acceptez l'utilisation de cookies.