Borderline, un film connecté à la scène musicale alternative bordelaise
Film de genre complètement amateur, Borderline a été tourné à Bordeaux par un noyau dur d'activistes connectés à la scène musicale alternative.?? C'est à guichet fermé qu'avait eu lieu l'avant-première au cinéma Utopia, la totalité des fauteuils ayant été pris d'assaut en trois jours.
 
La prochaine projection du film est programmée le lundi 25 mars, toujours au cinéma Utopia de Bordeaux.?? Les places sont disponibles en pré-ventes au cinéma au prix de 4 €.
 
 
Co-auteur et co-réalisateur du film, Antoine du collectif Borderline revient sur le projet.?
 
Pourquoi le choix d'un long métrage ?
ll se trouve qu'on est pas doués pour les courts métrages. On aime bien le temps de développer des personnages et raconter des histoires. Le format court ne nous convient pas. On avait déjà fait deux moyens métrages, alors, tant qu'à faire, autant passer au format maître.
 
Du temps, il vous en a aussi fallu beaucoup pour mettre le film en boîte ??
On se doutait au départ qu'on allait s'embarquer dans un long projet, mais pas à ce point ! Le tournage a duré deux ans, alors qu'on pensait que ça allait se finir en six mois. Quand on ne paye pas les gens, c'est dur d'avoir tout le monde à dispo quand on en a besoin.??

Quel genre d'équipe est nécessaire pour réaliser un film comme le vôtre ??
Nos premiers films, on les avait faits vraiment tout seul, avec une petite caméra à la noix. Là, on a eu un chef opérateur, un preneur de son, un éclairagiste, quatre maquilleuses, trois personnes en charge des effets spéciaux numériques, une de l'étalonnage... Au total, il y a eu une quinzaine de personnes à la technique – même si certains n'ont travaillé qu'une seule journée. Et une vingtaine de comédiens et une soixantaine de figurants.

 
 

En décor réel, on retrouve toute une série de lieux emblématiques de la vie underground bordelaise?
?
Dès le départ, on a su qu'on tournerait beaucoup de scènes dans des bars. On a choisi des endroits que l'on a l'habitude de fréquenter, essentiellement pour y voir des concerts. Il y a une scène au Wunderbar, une scène aux Runes, des scènes à l'Antidote, à l'HP, au Saint-Ex et aussi à l'Heretic. Ça fait partie des lieux que l'on fréquente beaucoup à la base. Les patrons nous ont bien accueilli. Il y a juste eu des problèmes de timing. A l'Heretic, on s'était dit qu'on allait tourner avant le concert pour ne déranger personne,mais on avait oublié qu'il y a aurait des balances. Et sinon, dans la plupart des bars, il y a des frigos qui émettent des fréquences hyper pénibles pour l'ingé son ! On a tourné en soirée, avec de vrais clients qui consomment dans le décor. On attend les procès pour « droit à l'image » avec impatience. Ça nous fera un peu de pub. Cela dit, quand on se retrouve en présence d'une caméra et de trois personnes qui crient « moteur ! action ! » en manipulant un clap, on peut se douter qu'on risque d'être à l'image...  On n'a filmé personne en cachette !
 
La scène musicale locale est-elle représentée dans la bande originale du film ?
Oui. J'ai composé directement une partie de la musique que l'on appelle « extradiégiétique », c'est-à-dire les thèmes musicaux qui accompagnent le film.  La musique  « intradiégétique », c'est la musique qu'entendent les personnages à l'intérieur de l'action. Pour ces scènes-là, j'ai utilisé pas mal de musiques de l'asso dont je fais partie, Ici Ou Ailleurs : des groupes comme Back To Basics ou Scheißeberg, dont on sait qu'ils ne sont pas à la Sacem et qui ont été OK pour nous filer leur zique.
 
Où en est l'accueil du film au niveau national ?
Je démarche en ce moment des cinémas dans d'autres villes, comme Paris, Toulouse ou Lyon. J'attends avec beaucoup d'impatience la réaction de gens différentes de « ah tiens lui c'est mon pote » ou « c'est là où j'ai bu une bière hier ». Même si on a essayé de faire notre boulot le mieux possible, ça reste un film à 500 euros de budget, alors on est prêt à encaisser les critiques. Quand on voit qu'un gars comme Rurik Sallé de Mad Movies a parlé de nous et a passé notre bande annonce, on a été très fiers, j'avoue.
 
 
Il est temps de dévoiler le pitch du film ?
Ça débute par un deal de drogue qui se passe mal. On suit les aventures de Johnny Boy (interprété par Romaric Morales) qui se retrouve à devoir récupérer une grande quantité d'argent en 24 heures, au milieu d'histoires de combats clandestins, de flics ripoux et de divers mafieux.
 
Vos références ?
Les polars mafieux comme les premiers Scorsese, ou la trilogie Pusher. Mais notre ton est plus léger. On a essayé de mélanger scènes un peu angoissantes et scènes comiques.

Ce n'est pas un film tout public ?
Il y a de la violence, des meurtres, du sang. Mais notre seule scène gore est quand même assez cartoonesque. Ma nièce de 12 ans pourra voir le film cette année je pense.

Le film est moral, quand même ?
Non. On a l'habitude de créer des personnages qui sont souvent attachants, mais toujours des enfoirés.
 
En naviguant sur notre site, vous acceptez l'utilisation de cookies.